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Oui à l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes : Des résultats contrastés

Hier soir, 26 juin, la consultation quant au projet d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes s'est close sur une victoire du « oui à l'aéroport » à 55,17 % avec 51,08 % de participation, alors qu'une consultation nationale en ligne avait récolté 98% de « non » sur près de 90 000 votants, et qu'un sondage pour la FNE déclarait 60% de français défavorables. Nous avons discuté avec Ronan Dantec, sénateur écologiste de la Loire-Atlantique, de son interprétation des résultats d'hier.

Le oui au nouvel aéroport l'emporte sans ambiguïté, mais les communes les plus concernées ont voté non au projet d'aéroport... Qu'est-ce que cela révèle, selon vous ?

On constate, et ce malgré le oui significatif, que les deux communes les plus concernées par le projet, c'est-à-dire celle de l'actuel aéroport Nantes Atlantique et le territoire de Notre-Dame-Des-Landes ne sont pas favorable au nouvel aéroport. Cette consultation révèle donc la photographie étonnante d'un projet qui n'est pas désiré par les plus impactés. Ce qui fait basculer le oui, c'est un vote politique des territoires de droite et notamment des territoires en souffrance du nord du département qui voient dans le projet une aubaine économique.

Les résultats doivent donc être observés avec attention, on ne peut pas parler d'un oui massif et homogène, ce n'est pas le cas.

Nous avons affaire à une consultation biaisée, à la fois de part le choix du périmètre mais aussi le manque d'informations : le coût réel du réaménagement de l'aéroport de Nantes Atlantiques n'étant pas connu.

La consultation de ce week-end n'est pas à prendre comme autre chose qu'une simple consultation : elle ne règle pas le problème et ne démobilise pas les opposants.

 

Et maintenant, que va-t-il se passer concrètement quant au projet de Notre-Dame-Des-Landes ?

Il faut maintenant respecter les recours juridiques. Il n'y a toujours pas eu de réponse quant au contentieux européen ni quant à la loi sur l'eau. Il reste de même la question du projet en lui-même : il a été demandé un projet plus réduit, cette option est à explorer pour trouver un compromis environnemental. Pour cela, il faudra examiner le rapport qui a été remis à Ségolène Royal.

Vous dites que le résultat ne démobilise pas les opposants, que reste-t-il alors comme moyens d'action après la consultation ?

Il reste l'action politique, il s'agit de ramener ce projet sur le terrain politique. C'est la mobilisation à droite qui a permis le succès. On voit que le débat divise profondément la gauche.

C'est désormais dans les urnes qu'il reste à s'exprimer, puisque c'est le terrain central de la démocratie.

Je ne remets pas en cause le résultat, plus de la moitié de la population s'est déplacé. Cela montre tout de même que le projet reste très clivant. Il y a une solution à trouver pour arriver à un compromis et c'est notre responsabilité à tous.

Amaëlle OLIVIER

Plus d'infos :

Pour le Projet d'aéroport : www.desailespourlouest.fr/

Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

nddl-debatpublic.fr/

Trégor : écohabiter avec le collectif Kêr-ha-terre

Près de la chapelle des Ursulines, en plein centre de Lannion, un nouveau lotissement est en construction. Au centre, se distingue une maison dont la peinture rouge est encore fraîche. Un bâtiment éco­construit.

Odette, propriétaire du logement, nous a fait visité le lieux en compagnie de Jonathan Boulanger, de Ty Coat Construction - constructeur de la maison - et de Sébastien Morfouace, architecte. Ces derniers sont membres de Kêr-ha-Terre, collectif d'artisans promouvant les principes de l'écoconstruction.

L'éco­construction : compétences et valeurs

Le chantier de la maison d'à côté est « conventionnel » : bouteilles et mégots, sacs en plastique jonchent le sol. Près de la maison d'Odette, tout est propre, rangé, quelques sacs poubelles sont rassemblés dans un coin. « C'est le premier signe d'une différence de philosophie », explique Sébastien Morfouace .

L'écoconstruction promeut aussi une « autre » relation entre le client et les concepteurs. Il faut respecter une charte éthique informelle dont la clé de voûte est le respect, à la fois des individus et des matériaux. Il faut avant tout « que le courant passe » avec le client car le projet sera créé avec sa participation. Cela nécessite une analyse poussée de la demande, des besoins et des moyens. Et implique des compromis et des remises en question de la part du commanditaire et de l'architecte.

Mais ce qui surprend le plus les amis d'Odette lorsqu'ils viennent voir l'avancée des travaux, c'est le respect mutuel des artisans. « Nos chantiers s'inscrivent dans une démarche cohérente et éthique entre les équipes où le plaisir de travailler ensemble est primordial », assure Jonathan Boulanger. « On réduit le stress, en définissant un planning réaliste validé par toutes les entreprises, pour que chacun ait le temps nécessaire pour faire son travail, et le faire bien », poursuit-il. D'où l'importance de choisir une équipe spécialisée dans l'éco­construction : « Presque tous les constructeurs sont capable de réaliser une maison en écoconstruction, mais avec Kêr-ha-Terre, les valeurs de l'écohabitat s'incarnent dans tout le processus. »

Et avec un budget serré, on fait comment ?

Le plus souvent, le client qui choisit l'écoconstruction le fait par engagement . Quitte à y mettre le prix. Mais peut on s'offrir un logement construit si on dispose d'un budget réduit ?

« L'important, est d'adapter la demande au budget »,explique Sébastien Morfouace. « Cependant, s'il faut réduire la facture, ce ne sera pas sur les salaires que l'on va rogner! ». Question de respect pour le travail et l'artisan. Des économies sont réalisés sur l'achat de certains équipements. « On privilégiera aussi un robinet à 70 euros plutôt que 200 », indique Odette.

La réduction des coûts se fait surtout en mettant la main à la patte. Et en invitant amis et famille à participer au chantier. « Jonathan nous avait même proposé de nous montrer comment faire pour la peinture, par exemple ! », précise Odette, visiblement ravie. Des travaux avec les proches qui ne sont pas de tout repos, mais qui permettent à chacun d'assimiler et de s'approprier des techniques d'écoconstruction. On touche là à un élément majeur du dispositif : le partage du savoir.

Notons que si construire écolo peut représenter un coût important, une partie de cet investissement peut être amortie par les économies d’énergie réalisées à long terme grâce aux performances thermiques du bâtiment.

Sébastien Morfouace estime à 2000 euros TTC en moyenne le mètre carré chauffé en éco­habitat. Soit à peu près le même prix que pour une maison conventionnelle à qualité et main d’œuvre égale. Par contre, selon lui, une maison "standard", comme les autres du lotissement, c'est-à-dire de qualité moindre, coûterait autour de 1600 euros le mètre carré.

Portes Ouvertes Kêr-ha-Terre, pour découvrir l'écohabitat

Le collectif d'artisan Kêr-ha-Terre organise des portes ouvertes les 25 et 26 juin, 2 et 3 juillet ainsi que le week­-end du 9 et 10 juillet. Par créneau d'une heure et demi, et par groupe de 15 personnes, vous pourrez partir à la découverte de 12 chantiers éco­construits dans le Trégor et à Brest, à différents stades d'avancement, pour découvrir de plus près la réalité de l'éco­habitat.

 

Plus d'infos :

Retrouvez les emplacements des chantiers

www.ateliermorfouace.unblog.fr/

www.tycoat.com/

 

« Les Français disent NON à l’aéroport NDDL »

Par France Nature Environnement

Interrogée par OpinionWay à la demande de France Nature Environnement, une majorité de Français (60%) se déclarent défavorables à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Dans le détail, « toutes tranches d’âges confondues, 29% sont tout à fait opposés alors que seulement 11% y sont tout à fait favorables ». FNE a ainsi souhaité poser à l’ensemble des Français la question à laquelle devront répondre les habitants du département de Loire-Atlantique dimanche prochain. Tribune à France Nature Environnement.

« Si nous avons posé la question à l’échelle nationale, c’est parce que nous nous apprêtons à détruire une partie de notre patrimoine naturel commun et les services gratuits qu’il nous rend. C’est aussi parce que ce projet implique des investissements publics. Enfin, rappelons que l’engagement de la France à la cop21 pour lutter contre le réchauffement climatique n’est pas compatible avec une priorité donnée au transport aérien.

Un mauvais outil pour dépasser les postures

Quoi qu’il en soit, si le référendum, qui est en fait une simple consultation, consiste à opposer une population à une autre, il ne peut pas être le bon outil de sortie de crise. Seule une remise à plat du projet, associant toutes les parties, pourra permettre de construire un réel projet de territoire qui satisfera aux besoins régionaux (limitation du bruit aéroportuaire, préservation de la zone humide et des activités agricoles…). Ce projet de territoire permettrait de dépasser les postures et les clivages.

Priorité à des investissements d’avenir

Si 60% des Français sont convaincus qu’il ne faut pas construire cet aéroport, c’est sans doute parce qu’ils ont compris que c’était un projet nuisible parce qu’il va coûter très cher, parce qu’il va détruire un patrimoine exceptionnel et parce qu’une alternative reposant sur la modernisation de l’aéroport de Nantes Atlantique existe. A travers ce sondage, les Français expriment le besoin de voir l’Etat mettre la priorité sur les transports du quotidien pour mieux répondre aux préoccupations « ordinaires » : plus de gares, plus de trains, plus de tramways, plus de bus (propres), plus de circulation douce. Voilà ce à quoi semblent aspirer les Français du 21^e siècle plutôt que d’offrir à d’hypothétiques voyageurs américains la possibilité d’éviter un passage par Paris.

Denez L’Hostis, président de FNE : « Ce sondage témoigne du bon sens des Français qui ont compris qu’un aéroport conçu il y a 50 ans pour accueillir le concorde puisse ne pas répondre aux besoins contemporains d’une France qui doit se tourner vers une mobilité durable, décarbonée, la moins polluante possible et répondant à nos besoins quotidiens en matière de déplacement (majoritairement le déplacement domicile-travail). Il est plus que temps que la France remette à plat l’ensemble de sa politique de transport et de mobilité en faisant enfin la part belle aux transports en commun et aux transports fluviaux et maritimes. »

 

Plus d’infos :

www. civicrm.fne.asso.fr

www.fne.asso.fr

 

 

 

"La question n'est plus de savoir si les pesticides sont dangereux mais comment en utiliser moins"

Générations Futures, et son porte-parole François Veillerette, se battent depuis 20 ans contre les pesticides et leurs effets nocifs. Récemment, c'est contre les néonicotinoides, les fameux « tueurs d'abeilles » que s'est mobilisée l'association, recueillant près de 670 000 signatures sur une pétition remise le 16 juin à Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie. Le lendemain, François Veillerette participait avec nous à une conférence intitulée : « Pesticides, s’informer pour agir au bénéfice des générations futures ! ».

Retrouvez l'intégralité de cette conférence audio, ainsi que le débat avec François Veillerette et Denis Lairon, chercheur à l'Inserm, autour des pesticides et de l'alimentation bio.

3 questions à Guillaume Février : « L’agro-écologie est au cœur de l’environnement »

La nuit de l’agro-écologie se tiendra dans toutes les régions de France le 23 juin. Les citoyens peuvent venir à la rencontre d’agriculteurs engagés, afin de découvrir les pratiques agro-écologiques. Un rassemblement initié par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Guillaume Février est responsable du CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement). Cette association de la loi 1901 se situe à Belle-Île-en-mer, dans le Morbihan (56). Le CPIE cherche à éduquer la population sur des thèmes tels que l’eau, les déchets, l’énergie et l’écohabitat. Cette structure accompagne les agriculteurs pour la valorisation de leur production et la sensibilisation des citoyens. D’après M. Février, associer agriculture et environnement est évident. C’est pourquoi il organise la nuit de l’agro-écologie à Belle-Île-en-mer.

 

Dans un monde où agriculture et environnement ne vont pas toujours de pair, pourquoi avez-vous décidé de participer et d’organiser la nuit de l’agro-écologie à Belle-Île-en-mer ?

Le CPIE cherche à sensibiliser le public à l’alimentation et l’agriculture. L’environnement est étroitement lié à ces sujets. La population doit en prendre conscience. Dans notre région, beaucoup d’individus s’inscrivent dans l’agro-écologie. Nous désirons leur donner la parole. Ainsi, une randonnée nocturne est organisée sur la commune de Locmaria pour la nuit de l’agro-écologie. Nous profiterons des symboles que représentent la friche ou le champ de prairie, afin d’évoquer les pratiques agricoles écologiques. Avec la mobilisation de plusieurs agriculteurs sur ce parcours original, les thématiques de la qualité de l’eau et des paysages seront abordées.  Ces acteurs témoigneront de leur participation à l’agro-écologie en faveur de l’environnement.

 

Pouvez-vous expliquer votre démarche pour l’environnement sur ce territoire ?

Il existe différents systèmes agro-écologiques à Belle-Île-en-Mer. La population comprend de mieux en mieux ce qu’ils impliquent. Notre objectif est de valoriser la production. La relocaliser, afin d’avoir un impact carbone moindre. Beaucoup d’agriculteurs limitent les labours. Ils possèdent des cultures permanentes  et laissent ainsi les compositions végétales se développer. Nous respectons les sols, la biodiversité et l’environnement. L’agro-écologie possède également un aspect social. L’association « Au coin des producteurs » située à Mérezelle, dans le Morbihan, a été fondée pour la vente directe de produits agricoles collectifs. Ce projet montre les liens créés entre les agriculteurs. Dans l’agro-écologie, l’individualisme n’existe pas. Ces acteurs mettent leurs moyens en commun et promeuvent la production locale à Belle-Île-en-Mer.  

 

Que souhaitez-vous apporter avec le débat entre les autres producteurs et citoyens qui seront présents ?

Nous cherchons une réconciliation entre l’agriculture et l’environnement. Du moins, s’il existe réellement une opposition. Nous désirons également tisser un lien plus résistant entre le producteur et le citoyen. Ces acteurs doivent être en accord et comprendre les attentes et les spécificités de chacun. Les consommateurs demandent souvent plus de rapidité pour la production. Mais cela est parfois impossible. Aussi, convaincre d’autres agriculteurs est primordial. Prouver que l’agro-écologie ne se fait pas au détriment de leurs économies. Belle-Île-en-Mer est un territoire spécifique auquel il faut s’adapter. S’accommoder à son terroir et à ses sols peu profonds est possible. L’agro-écologie est au cœur de l’environnement. 

 

Plus d’infos :

http://www.belle-ile-nature.org/

http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0ahUKEwiNk6L5w5XNAhVMF8AKHTNMAToQFggkMAA&url=http%3A%2F%2Fwww.belle-ile.com%2Ffaire%2Fshopping%2F138594-au-coin-des-producteurs&usg=AFQjCNFsCnePyNZxDGfuxbWjID9QuMilLA

http://www.cpie.fr/

Aquaclim Service : « Partager l’entreprise est un juste remerciement aux employés »

Créée en 2009, Aquaclim Service était, comme beaucoup d’entreprises d’artisanat, constituée sous forme d’EURL, entreprises unipersonnelle à responsabilité limitée. L’entreprise lorientaise se développe assez vite au point d’avoir près de 12 employés en 2014. Le fondateur de l’entreprise préfère alors passer en SCOP.

Cette entreprise de chauffage, de ventilation et de rénovation de salle de bain a pris le pari de devenir une SCOP, sous l’impulsion de Ronan Olivin, fondateur et aujourd’hui gérant de la structure. « Être chef d’entreprise est assez lourd. L’embauche d’un nouveau salarié est par exemple un choix difficile lorsque l’on est seul et qui peut amener à des conflits avec les autres employés. En SCOP, on discute ensemble de ces décisions.» Car, « partager l’entreprise est un juste remerciement aux employés. Ils ont travaillé presqu’autant que moi pour le développement de l’entreprise. Ils doivent récupérer le juste résultat de leurs efforts. Ma réussite est une réussite commune. » Pour autant, le passage en SCOP qui ne s’est pas fait sans difficulté. Il a fallu près de 8 mois avant que l’entreprise devienne une coopérative. «  Nous avons eu une phase de questionnements et d’adaptation durant laquelle les salariés devaient trouver leur place, il a fallu redéfinir les rôles.» Le passage en SCOP permet de réinvestir dans les employés et dans l’entreprise, ce qui l’a rendue beaucoup plus forte.  « Il y a une réelle implication de la personne. On garde les forces vives dans l’entreprise. » Il s’agit aussi pour tout le monde de faire bien son travail. «En tant que gérant, je peux être remis en cause tous les 4 ans. Si mes associés pensent que je ne suis pas bon, ils peuvent décider de nommer un autre gérant », conclut le chef d'entreprise.

Reprendre en Scop ?

La nouvelle revue Sans Transition ! sort fin juin. Elle vous invite à comprendre et vous engager dans cette société qui nous est chère. Ce magazine propose un dossier complet sur la reprise en Scop et un entretien avec Benoît Hamon, ancien député européen et porte-parole du Parti socialiste. 

Plus d’infos :

www.aquaclimservice.fr

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