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GUIDE POUR UN HABITAT SAIN - Bretagne Durable Hors-série - n°6 - automne 2014

4,50 €

Sommaire: 

Panorama

  • Habitat, la fin du cocon ?
  • Philippe et Pierre-Edern Brulé :« Santé et performances énergétiques ne vont pas toujours de pair »
  • Docteur Pascale Choucroun :« La ventilation est primordiale »
  • Ugo Degrigny : « Les matériaux sains ne coûtent pas plus cher »

Décryptage

  • Se protéger des nuisances extérieures
  • Limiter les pollutions intérieures
  • Vivre son logement
  • Guide de l’habitat sain

Cas pratiques

  • 16 réalisations exemplaires en Bretagne

Art et culture

  • Notre sélection d’ouvrages de référence

Édito: 

Plaidoyer pour un habitat sain

Cet été, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur a publié les résultats d’une étude prospective sur le coût socio-économique de la pollution intérieure. Le constat est cinglant : le coût de cette pollution invisible s’élève chaque année à... 19 milliards d’euros !

Principale conséquence de ce coût d’abord humain : 28 000 cas de pathologies chaque année et 20000 décès recensés. Sans compter

ceux dont l’étude de l’Observatoire ne tient pas compte faute de données assez précises. Parmi les principaux polluants responsables observés, citons pêle-mêle : le benzène, le trichloréthylène, le radon, le monoxyde de carbone, les fameuses particules fines et bien entendu la fumée

de tabac. Éclairage des rédacteurs de l’étude de l’Observatoire sur ce chiffrage grandiloquent : « À ces 19 milliards d’euros viennent s’ajouter l’impact sur les finances publiques, comme les soins des maladies, le coût des recherches publiques de la prévention, mais aussi les économies réalisées du fait du non versement des retraites... » De quoi demander réparation aux responsables de cette pollution... ?

Actualités

Trégor : écohabiter avec le collectif Kêr-ha-terre

Près de la chapelle des Ursulines, en plein centre de Lannion, un nouveau lotissement est en construction. Au centre, se distingue une maison dont la peinture rouge est encore fraîche. Un bâtiment éco­construit.

Odette, propriétaire du logement, nous a fait visité le lieux en compagnie de Jonathan Boulanger, de Ty Coat Construction - constructeur de la maison - et de Sébastien Morfouace, architecte. Ces derniers sont membres de Kêr-ha-Terre, collectif d'artisans promouvant les principes de l'écoconstruction.

L'éco­construction : compétences et valeurs

Le chantier de la maison d'à côté est « conventionnel » : bouteilles et mégots, sacs en plastique jonchent le sol. Près de la maison d'Odette, tout est propre, rangé, quelques sacs poubelles sont rassemblés dans un coin. « C'est le premier signe d'une différence de philosophie », explique Sébastien Morfouace .

L'écoconstruction promeut aussi une « autre » relation entre le client et les concepteurs. Il faut respecter une charte éthique informelle dont la clé de voûte est le respect, à la fois des individus et des matériaux. Il faut avant tout « que le courant passe » avec le client car le projet sera créé avec sa participation. Cela nécessite une analyse poussée de la demande, des besoins et des moyens. Et implique des compromis et des remises en question de la part du commanditaire et de l'architecte.

Mais ce qui surprend le plus les amis d'Odette lorsqu'ils viennent voir l'avancée des travaux, c'est le respect mutuel des artisans. « Nos chantiers s'inscrivent dans une démarche cohérente et éthique entre les équipes où le plaisir de travailler ensemble est primordial », assure Jonathan Boulanger. « On réduit le stress, en définissant un planning réaliste validé par toutes les entreprises, pour que chacun ait le temps nécessaire pour faire son travail, et le faire bien », poursuit-il. D'où l'importance de choisir une équipe spécialisée dans l'éco­construction : « Presque tous les constructeurs sont capable de réaliser une maison en écoconstruction, mais avec Kêr-ha-Terre, les valeurs de l'écohabitat s'incarnent dans tout le processus. »

Et avec un budget serré, on fait comment ?

Le plus souvent, le client qui choisit l'écoconstruction le fait par engagement . Quitte à y mettre le prix. Mais peut on s'offrir un logement construit si on dispose d'un budget réduit ?

« L'important, est d'adapter la demande au budget »,explique Sébastien Morfouace. « Cependant, s'il faut réduire la facture, ce ne sera pas sur les salaires que l'on va rogner! ». Question de respect pour le travail et l'artisan. Des économies sont réalisés sur l'achat de certains équipements. « On privilégiera aussi un robinet à 70 euros plutôt que 200 », indique Odette.

La réduction des coûts se fait surtout en mettant la main à la patte. Et en invitant amis et famille à participer au chantier. « Jonathan nous avait même proposé de nous montrer comment faire pour la peinture, par exemple ! », précise Odette, visiblement ravie. Des travaux avec les proches qui ne sont pas de tout repos, mais qui permettent à chacun d'assimiler et de s'approprier des techniques d'écoconstruction. On touche là à un élément majeur du dispositif : le partage du savoir.

Notons que si construire écolo peut représenter un coût important, une partie de cet investissement peut être amortie par les économies d’énergie réalisées à long terme grâce aux performances thermiques du bâtiment.

Sébastien Morfouace estime à 2000 euros TTC en moyenne le mètre carré chauffé en éco­habitat. Soit à peu près le même prix que pour une maison conventionnelle à qualité et main d’œuvre égale. Par contre, selon lui, une maison "standard", comme les autres du lotissement, c'est-à-dire de qualité moindre, coûterait autour de 1600 euros le mètre carré.

Portes Ouvertes Kêr-ha-Terre, pour découvrir l'écohabitat

Le collectif d'artisan Kêr-ha-Terre organise des portes ouvertes les 25 et 26 juin, 2 et 3 juillet ainsi que le week­-end du 9 et 10 juillet. Par créneau d'une heure et demi, et par groupe de 15 personnes, vous pourrez partir à la découverte de 12 chantiers éco­construits dans le Trégor et à Brest, à différents stades d'avancement, pour découvrir de plus près la réalité de l'éco­habitat.

 

Plus d'infos :

Retrouvez les emplacements des chantiers

www.ateliermorfouace.unblog.fr/

www.tycoat.com/

 

Le télégramme en partenariat avec Bretagne Durable : " Une maison plus saine"

La maison est un havre de paix. Nous y passons le plus clair de notre temps. Pourtant, certains produits que l’on utilise peuvent émettre des polluants dangereux pour la santé. À nous d’avoir les bons réflexes pour les éliminer !
 

Nous passons en moyenne 80 % de notre temps dans des lieux fermés (domicile, travail, transport, école…). Nous nous y sentons bien, en sécurité. L’air que l’on y respire influe naturellement sur notre santé et notre confort. Pourtant, il peut y être de
moins bonne qualité que l’air extérieur ! Outre les polluants apportés par l’environnement (ozone, pollution atmosphérique…), de nombreuses substances peuvent être émises à l’intérieur même de notre maison. En cause notamment : les matériaux de
construction, d’ameublement et de décoration, les colles, les appareils à combustion, les animaux et les diverses activités humaines (tabagisme, cuisine, entretien, bricolage, bureautique...). Autant de polluants qui peuvent causer des maux divers, tels qu’asthme, allergies respiratoires, irritation du nez et des voies respiratoires… D’après les experts, certaines substances, comme les formaldéhydes, peuvent même avoir un effet cancérigène. (Article du 30 décembre 2014)
 
Retrouver plus d'informations dans notre numéro 6 hors-série de Bretagne Durable " Guide pour un habitat sain"