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Michel Cymès : « Savoir se faire plaisir »

Les conférences médicales qu’il anime aux quatre coins de France, dans le cadre du Club Prévention Santé et en partenariat avec Harmonie mutuelle, font salle comble. Michel Cymes était à Vannes, jeudi 2 juin, pour aborder les « Mystères de la mémoire ». Rencontre avec le célèbre docteur du Paf.

 

Quelles sont vos préconisations pour « vivre mieux et plus longtemps », selon le titre de votre dernier livre (*) ?

L’un des mots-clés du livre, c’est la prévention. Prévenir, c’est prendre conscience que notre organisme ne peut pas supporter tout, tout le temps. La deuxième notion essentielle est celle du plaisir. Il faut tout mettre en œuvre pour faire passer le plaisir, dans les actes du quotidien : manger, discuter… .Avec ce livre, mon idée était de ne pas culpabiliser le lecteur mais de l’accompagner en délivrant des conseils pratiques et applicables en matière d’alimentation, d’activité physique ou sociale. Moi-même et bien que médecin, je fais aussi des excès L’important est de compenser, d’équilibrer.

Vous invitez, entre autres, à une alimentation plus équilibrée, voire bio… Etes-vous un consommateur « bio » ?

Je m’inscris plutôt dans la tendance « Tiens, si j’essayais ! ». Pour une raison simple, l’offre augmente considérablement. Et puis on est sorti de l’image « Larzac » des magasins « bios », un peu poussiéreux et fréquentés par des personnes avec les cheveux longs et des pulls à trous. Aujourd’hui, tous les magasins bios sont beaux et donnent envie d’acheter ! Au-delà du goût, j’apprécie aussi d’y trouver des aliments qu’il n’y a pas ailleurs, comme certaines farines pour fabriquer mon pain ou des graines de lin que je mets dans les salades.

Régime sans gluten, végétarisme, crudivorisme… ont le vent en poupe. Vous n’y êtes pas vraiment favorable ?

Je suis un scientifique et je veux des preuves. Or, jusqu’à présent, aucun article scientifique n’a prouvé l’efficacité de ces régimes. Mais, si à une époque, je pouvais devenir un peu agressif sur le sujet, j’ai évolué et je deviens plus tolérant dans le sens où ces modes d’alimentation ne semblent pas entraîner de carences. A partir du moment où une personne se sent mieux à manger sans gluten, ou sans viande et que cela n’a pas de conséquences sur sa santé, alors pas de problème !

Les mesures prises pour lutter contre la pollution atmosphérique, largement incriminée dans le boom des maladies respiratoires, vous semblent-elles suffisantes ?

J’habite à Paris où la pollution atmosphérique est un vrai problème. On ne peut pas continuer à asphyxier la capitale comme ça et les mesures prises par la municipalité me semblent intelligentes. Evidement, arrêter la circulation des voitures complique les déplacements et il faudrait, parallèlement, davantage développer les alternatives. Personnellement, s’il y avait de vraies pistes cyclables à Paris, je ne me déplacerai qu’en vélo… mais ce n’est pas encore suffisant. Il faut que Paris devienne Copenhague ou Amsterdam !

Vous êtes un fervent défenseur du bien-être au travail. Croyez-vous vraiment que bien-être des salariés et productivité de l’entreprise soient compatibles ?

C’est prouvé et c’est ce que comprennent de plus en plus de dirigeants d’entreprise. Un salarié heureux dans son travail et un salarié plus rentable ! Dans les entreprises qui consacrent une salle pour le sport, aménagent un espace détente avec baby-foot…, on constate une diminution des arrêts de travail ou maladie, des risques de burn-out et même du présentéisme. Même s’il y a encore un travail énorme à faire dans ce domaine, ça bouge et c’est encourageant.

 

(*) « Vivez mieux et plus longtemps » par Michel Cymes, aux éditions Stock