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Usine des 1000 vaches : du lait concentré

Tandis que la justice poursuit ceux qui s’opposent à la ferme des Mille Vaches, son propriétaire déclare sans sourciller qu’il a dépassé de plusieurs centaines de vaches le cheptel autorisé. Il est temps de remettre les pendules à l’heure.

Par France Nature Environnement

1000 vaches : ce n’est pas de l’élevage, c’est de l’industrie

Dans un élevage digne de ce nom, les vaches sont nourries d’abord par le pâturage. Dans l’usine des Mille Vaches, elles sont transformées en machines à produire de la bouse pour la méthanisation et accessoirement du lait. Elles ne sortiront jamais en pâture. Leur alimentation provient en grande majorité de l’extérieur de l’exploitation, notamment sous forme de soja OGM. Comme le bénéfice recherché concerne en priorité la vente du méthane, le prix du lait va être tiré vers le bas et donc faire disparaitre les petits et moyens élevages. Ce modèle désastreux sur le plan social va à l’encontre de toutes les exigences environnementales malgré la mise en avant des bilans d’azote ou de carbone faussement positifs.

Pour Patrick Thiery, président de Picardie Nature : « Dans le département de la Somme, l’élevage bovin a toujours été en lien avec le sol. Les paysages ainsi façonnés constituent un atout pour le futur parc naturel régional de Picardie Maritime. Un process industriel d’élevage ne doit pas s’y développer. »

Pour Jean-Claude Bévillard, en charge des questions agricoles : « L’industrialisation de l’élevage n'est en aucun cas une solution pour lutter contre le changement climatique. FNE est déterminée à agir en justice, pour contraindre les financiers qui détiennent cette installation au respect de la loi et de l’intérêt général. » 

L’industrialisation : un problème pour tous les élevages

La ferme des 1000 vaches pose le problème de la financiarisation et de l’industrialisation de l’élevage qui déshumanise le métier d’agriculteur en détruisant le lien au sol et à l’animal. Le débat ne s’arrête pas à l’élevage laitier. C’est bien une large partie de l’élevage français qui doit prendre un virage pour améliorer véritablement son impact environnemental et le bien-être animal. 

Pour Denez l’Hostis, président de FNE, « L’élevage français a besoin d’un projet qui se rattache véritablement aux territoires, valorisant, au travers de l’agro-écologie, les services rendus et intégrant un véritable respect du bien-être animal »