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GLUTEN, LACTOSE, SUCRE,VIANDE... ADEPTE DU "SANS" POUR CENT ?- Bretagne Durable - n°19 - printemps2016

3,50 €

Sommaire: 

Au sommaire de ce numéro :

  • Échos d'ici et d'ailleurs
  • La vie du réseau
  • Controverse - Pour ou contre le stockage de CO2 ?
  • Un temps avec.........Roland Gori : « On ne fabrique plus de citoyens ! »
  • DOSSIER : GLUTEN, LACTOSE, SUCRE, VIANDE... ADEPTE DU « SANS » POUR CENT ?
  • Vagabondages..........Sur Team Jolokia, la diversité a le vent en poupe !; Faire vivre les « paysans de la ville » ;
  • Initiatives.............Ils veulent manger bio sans se serrer la ceinture ; Un happy-culteur respectueux de l'abeille ; Un terrain à 1 euro le m2 ; Barnaponics : des potagers urbains hors du commun ;
  • Portrait de militant : Il ne lâche rien !
  • Territoires.....................Exploration minière : ça sent le soufre en Centre-Bretagne
  • Société............... Service civique : citoyenneté ou emploi au rabais ?
  • En pratique............ Construire ou rénover sa maison en chanvre
  • À faire cette saison .....À table - Au jardin
  • Lumières..........Jean-Claude Pierre : « Les nourritures terrestres » ;
  • Carnet de balade..................Sur les pas des mythes et légendes du Ménez-Hom
  • Éco-Club............ Rubrique d'expression citoyenne
  • Arts & Culture
  • Sur la toile
  • Sortons !
  • Carnet d’adresses

Édito: 

Un régime sans pesticide ?

« Alors que la France s’était fixée comme objectif de diviser par deux sa consommation de pesticides, force est de constater que c’est l’échec », lance le réseau France Nature Environnement, dans un récent communiqué. Les chiffres sont en effet consternants. La consommation de pesticides a augmenté, en nombre de doses, de 9,4% entre 2013 et 2014, et de 5,8% en moyenne entre la période 2011-2013 et 2012-2014. Entre 2013 et 2014, les traitements de semences ont bondi de 31,4% et les produits contenant des molécules suspectées cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, ont augmenté de 12,9%. « Les pesticides imprègnent tous les milieux naturels avec 92% des cours d’eau pollués et des impacts sur la santé humaine de plus en plus avérés », poursuit FNE.
L'UE ne peut pas non plus se targuer d'une offensive remarquable en matière de lutte contre les pesticides, puisque Bruxelles a longtemps autorisé le glyphosate, l'herbicide chimique le plus vendu sur la planète (le fameux Round'up!). Les eurodéputés devaient se prononcer début mars sur l'éventuelle poursuite d'autorisation du glyphosate pour 15 ans, mais ils ont repoussé leur décision à avril-mai prochain. Selon l'association Générations Futures, « la contre-offensive des scientifiques s’organise, ainsi que le mécontentement des eurodéputés et la forte mobilisation des citoyens continuent de s’amplifier ». La pétition lancée contre le glyphosate fin février par l'ONG Foodwatch, la Ligue contre le Cancer et Générations Futures a atteint près de 114 000 signatures en quelques jours.

Actualités

Table ronde : les régimes sans...le 28 avril sur Tebeo/Tebesud

Table ronde : les régimes sans...

Gluten, viande, lait, sel, sucre... les alimentations particulières sont en plein boum. Chacun a sa raison pour les adopter : santé ou idéologie, l’individualisation des repas est de mise. Pour devenir un véritable phénomène de mode pour certains, au détriment des messages sérieux des autres. Avec Pascal Nourtier, diététicien nutritionniste, Brigitte Jolivet, présidente de l'Afdiag, Nathalie Favrot, Plurielles (Fabrication de yaourts végétaux à base de céréales sans gluten) et Nathalie Strypsteen, flexi-vegan (AVF). Retrouvez la vidéo en cliquant sur le lien ci-dessous :


Un nouveau potager « Incroyables Comestibles » à Brest

Le collectif brestois des Incroyables Comestibles a inauguré un nouveau potager rue Saint-Malo, dans le quartier de Recouvrance à Brest, en février. Le jardin se compose de quelques m² de terre mis à disposition par la municipalité. Des bacs en bois destinés à faire pousser des plantes y ont aussi été installés. C’est désormais aux habitants du quartier de s’approprier les lieux pour y faire prospérer légumes et autres végétaux. Des denrées qui, une fois récoltées, pourront être partagées. 

Plus d'infos :

www.incroyables.infini.fr

Christian Guyonvac'h : « la centrale à gaz ne réduira pas la dépendance énergétique de la Bretagne »

Christian Guyonvarc’h est adjoint au maire de Guipavas (29) et vice-président de Brest Métropole. Ce membre de l’Union démocratique bretonne (UDB) est un ardent opposant au projet de centrale à gaz de Landivisiau. Pour lui, la construction d’un tel équipement menacerait le développement des énergies renouvelables en Bretagne. 

Les promoteurs de la centrale expliquent qu’elle est nécessaire pour l’indépendance énergétique de la Bretagne. Vous dites précisément le contraire. Pourquoi ?

Parce que la France importe la totalité du gaz qu’elle consomme. D’ailleurs, le terminal gazier du port de Saint-Nazaire, à Montoir-de-Bretagne, doit recevoir du gaz de schiste américain à partir de 2018. La centrale serait approvisionnée avec ce gaz si elle devait se construire. D’autre part, Direct Énergie, le futur exploitant de la centrale, prévoit un rendement énergétique de 54 %. Le reste (46 %) ne serait que pure perte. Nous avons aussi calculé que la centrale émettrait autant de gaz à effet de serre en 6 mois que les circulations automobiles du Finistère et des Côtes-d’Armor réunies sur la même période. Ce projet ne va pas réduire la dépendance énergétique de la Bretagne et il n’est ni propre, ni économique.

Pour quelles raisons dîtes-vous que ce projet s’oppose au développement des énergies renouvelables ?

Il existe un projet de ligne électrique marine entre le Finistère-nord et l’Irlande. Cette ligne pourrait être opérationnelle dès 2022. Le but est d’assurer une interconnexion entre les réseaux éoliens français et irlandais et ainsi pallier la fragilité du réseau breton. Mais nous craignons que la centrale ne menace ce projet. Nous avons également peur qu’elle mette à mal les investissements dans les solutions de stockage d’électricité d’origine renouvelable. Stockage qui permettrait de faire face à l’intermittence de la production (éolienne, solaire notamment) qui dépend des aléas climatiques.

Cette situation renvoie donc, selon vous, à l’organisation du marché électrique français ?

Oui. Car le marché français est organisé selon une logique de flux et non pas de stockage. Pourtant, des solutions existent. Comme les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP). Les STEP consistent à superposer deux bassins d’eau. De l’eau est pompée pour la stocker dans le bassin du haut lorsque les consommations sont faibles. Puis cette eau est relâchée pour alimenter une turbine lorsque les consommations sont élevées. Notons que la Suisse utilise les STEP pour stocker de l’électricité nucléaire achetée à la France en heure creuse, au moment où elle coûte peu cher. Elle revend ensuite cette même électricité à la France en heure de forte consommation à un prix plus élevé. C’est aberrant. Mais cela ne fera que s’accentuer si nous ne développons pas nos propres solutions de stockage, en France comme en Bretagne.

Plus d'infos :

www.nonalacentrale.fr

 

Gâteau au Chocolat Végétalien - sans lait, sans œuf, sans beurre, sans sucre, sans gluten !

Alré Bio nous propose sa recette de gâteau au chocolat végétalien.

Pour 6 personnes - 15 minutes de préparation - 20 minutes de cuisson à 200°c

Ingrédients (facile à trouver) :

- 200 g de chocolat pâtissier
- 50 g de sirop d'agave
- 25 g de poudre d'amande
- 3 bananes mûres
- 50 g d'huile de coco
- 70 g de farine de sarrasin
- 1 pincée de sel
- 1 pincée de cannelle

Préparation :

Faire fondre la chocolat au bain-marie avec l'huile de coco.
Écrasez les bananes.
Mélangez le sirop d'agave, avec les bananes, le chocolat et l'huile fondu.
Ajoutez la poudre d'amande, la farine de sarrasin puis le sel et un peu de cannelle.

Beurrez le moule avec de l'huile de coco, ajoutez-y la préparation.
Cuire au four à 200°c pendant 20 minutes.

Votre gâteau est prêt, il se tient, il est sain et super bon !

Bon appétit !

 

François Veillerette : « Des pesticides dans nos maisons »

Une expertise de l’association Générations futures menée en juillet 2015 montre que de nombreux pesticides – dont certains interdits – se retrouvent dans les foyers de riverains de zones agricoles. Ce travail, ainsi que l’enquête de Cash investigation consacrée au même sujet diffusée sur France 2 en janvier, relancent le débat sur l’impact sanitaire des pesticides. Interview de François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

Quels sont les principaux résultats et enseignements de l'expertise menée par Génération futures dans des foyers de riverains de zones agricoles ?

Nous trouvons des résidus de pesticides dans toutes les poussières prélevées chez les riverains de champs agricoles. La moyenne : 20 pesticides. Les chiffres varient selon les cultures : 14 résidus près des grandes cultures, 24 près des vergers et 26 près des vignes. Mais l’information importante reste que l’on retrouve un impact direct des substances dans les logements et pas seulement dans les jardins. Parmi les pesticides recherchés, 12 sont des perturbateurs endocriniens. Rapporté au volume total de produits utilisés, 98% des pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs. Ce qui pose des problèmes sanitaires importants, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Le succès de l’enquête de Cash-Investigation consacrée aux dangers des pesticides, récemment diffusée sur France 2, montre que le sujet préoccupe le public. Les mentalités sont-elles en train d’évoluer face à ce problème ?

Oui. Les gens savent qu’il y a un problème. Il réagissent. Notre enquête vient de là : plus de 400 personnes vivant en zone agricole nous ont appelés. Souvent, les témoignages proviennent de personnes ayant des avis modérés, non militantes, mais qui n’en peuvent plus.

Quelles réactions attendez-vous de la part du pouvoir politique dans ce dossier ?

Nous attendons que Ségolène Royal fasse une démarche claire auprès du commissaire européen à la Santé sur ce dossier. Un règlement européen sur l’utilisation des pesticides existe depuis 2009. Mais il n’est pas appliqué car les produits à proscrire ne sont pas définis. Or une trentaine de produits pouvant avoir des effets néfastes sur la santé devraient être exclus. Au niveau national, il faut mettre en place un plan de protection de la santé publique face aux pesticides en zone rurale. Les champs en zone habitée doivent être convertis en bio, comme nous le faisons déjà pour les zones de captage d’eau. Mais cela concerne beaucoup d’hectares et ne se fera donc pas en un jour. Il faut intégrer ces zones tampons aux Plans Locaux d’Urbanisme. Le problème est difficile à résoudre mais les élus doivent le prendre en main.

Plus d’infos :

www.generations-futures.fr